La Fourrure

Dans presque toutes les civilisations, depuis les temps les plus reculés, la fourrure avait une valeur en tant qu'ornement et décoration. Des peintures rupestres de l'époque néolithique et de l'âge de bronze nous montrent des danseuses vêtues de jupes en fourrure. Les Chinois lui attribuaient déjà beaucoup de prix il y a trois mille cinq cents ans. Le premier vêtement connu historiquement est un vêtement en fourrure : le kaunakès, sorte de jupon en peau de mouton porté par le roi de Mari et les Sumériens vers 3500 ans avant notre ère.

Adoptée par l'Antiquité, la fourrure est connue des Egyptiens, puis des Grecs... Et la légende de Jason pourrait bien avoir son origine dans un voyage particulièrement périlleux pour le commerce de la fourrure sur le Pont Euxin. Pendant longtemps, la fourrure a gardé un caractère sacré ou religieux. Ainsi, seul le pharaon, en Egypte, avait le droit de porter à la taille une queue de lion, alors que les prêtres portaient une peau de panthère. Elle est mal vue par les empereurs romains (Marc-Aurèle institue la première taxe sur la fourrure) et Charlemagne toléra difficilement son port.

L'arrivée du christianisme renforça cette position. Au Moyen Age, la fourrure est un luxe et, comme tel, interdite par l'Eglise aux moines et aux ecclésiastiques, sauf pour ceux du plus haut rang.
En ce qui concerne les laïcs, son usage fut soigneusement réglementé par de fréquentes et sévères lois. Seules les personnes de sang royal sont autorisées à en porter certaines.
A cette époque, la fourrure est réservée à la gente masculine et, en certaines circonstances, elle est même le symbole d'une fonction, telle l'hermine du juge. Si la fourrure a été alors violemment rejetée par le Clergé (en 1123, le concile de Latran interdit le port de la fourrure aux nonnes), ce n'était en fait que rivalité de prestique, car le pape Boniface portait lui-même un manteau doublé d'hermine. Des croisades, les chevaliers ramenèrent le goût des belles fourrures. Il existait à cette époque 4 grandes foires à la sauvagine (Parys, Lyon, Clermont et Beaucaire). Les marchands dépendaient alors de la corporation des Maîtres Pelletiers (une des plus anciennes corporations).
C'est avec la découverte du Nouveau Monde que commence réellement l'époque moderne du commerce de la fourrure. La révolution industrielle à son tour crée de nouveaux désirs. La mode de la fourrure est née ainsi que tous les moyens pour la travailler. Face à une demande croissante et pour protéger le monde animale, la chasse des tous ces animaux à fourrure est désormais fortement réglementée et le courant de mode actuel préconise l'utilisation de fourrures synthétiques.

(Bibliographie : "Si la fourrure m'était contée" - Confection 2000 - Mars 1998 - "Les industries de l'habillement" - Jean Allilaire - 1847)

 

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