Les Gants

Le gant est aussi vieux que la chaussure. En effet, on a retrouvé dans le tombeau de Tout-Ankamon des gants avec un motif tressé utilisés probablement pour le tir à l'arc. Il serait même fait mention dans la Genèse d'une "peau de chevreau", dont "Rebecca enveloppa les mains d'Esaü". Mais les gants étaient avant tout des objets utilitaires.
Ce n'est qu'au Moyen Age, qu'est apparue la mode de porter des gants comme parure. Sous Henri III, les femmes portent des gants en "soie tricotée", et la mode fut aux gants de Vendôme "si délicats que bien souventes fois, l'ouvrier les enferme en des coques de noix".

Plus tard, les gants de peau firent leur apparition ainsi que les gants parfumés, au seuil du règne de Louis XIV. Comme la vêture dans son ensemble, les gants seront très grands et ornés de pierreries et de rubans, pour devenir au XVIIIè siècle, plus "mesurés", plus simples dans leur forme et l'art de les porter ne sera plus le même. Si auparavant, il était de bon ton de tenir son gant dans la main, il est maintenant impensable, voir indécent de sortir les mains nues.
La Révolution considéra le gant comme signe de "mains blanches" et l'interdisit. La Terreur passée, le gant revint dans les usages, mais allégé et fabriqué dans des matières plus "démocratiques". Le Premier Empire le gardera ainsi quelque temps, mais reviendra à des gants ornés d'or et de broderies. A l'époque du Romantisme, le gant sera fait au crochet. Le Second Empire appuiera l'industrie du gant comme tous les autres produits de luxe, mais sa forme changera : il se portera long épousant la forme des mains et des bras.
Vers 1900, l'étiquette sur le port des gants était très stricte. Ainsi le baron O'Sidi a-t-il écrit un Petit Dictionnaire des gens du monde où il est dit : "...Une femme n'ôte jamais son gant pour tendre la main à un homme. L'homme au contraire ôte son gant pour tendre la main à une femme... La règle générale est celle-ci : gants foncé le matin, moins foncé l'après-midi, clairs le soir...".

Depuis, le port des gants est soumis à des règles moins sévères. Si on ne le porte plus systématiquement dans la vie de tous les jours, à part pendant l'hiver pour se protéger des rigueurs du temps, il fait partie encore, tout comme le chapeau, du costume vestimentaire dans certaines occasions.

(Bibliographie - "Technologie et Analyse des principaux Produits commerçables - Marcel Spreutels" -"Le gant - Franche Le Reste - Editions Jacques Damase - 1984")

 

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